Ne Regardons Plus Les Déficiences de Nos Aînés, Tournons-Nous Vers Leurs Capacités !

Ne Regardons Plus Les Déficiences de Nos Aînés, Tournons-Nous Vers Leurs Capacités !

Le cap de la retraite n’est pas simple à passer parce qu’on devient inutile aux yeux de la société. Alors que dire de l’entrée d’une personne en EHPAD ?!

Le règne d’un vocabulaire dévalorisant

EHPAD : Lieu de dévalorisation par excellence, la signification de ce sigle lui-même en dit long ! « Établissement Pour Personnes Âgées Dépendantes » !

Si l’expression « personne âgée » a une consonance négative, ne parlons de l’adjectif « dépendant » qui, lui, nous met quasiment un pied dans la tombe !! Ensuite, dans le quotidien des résidents appelés parfois « usagers » (terme des plus dégradants), on effectue malheureusement plus de prise en charge (là encore le terme n’est pas très avantageux) que d’accompagnements.

La violence de l’entrée en EHPAD

Parlons des prestations de ces établissements ! Pour des gens qui se murent parfois dans la tristesse voire la dépression à cause de leur sentiment d’inutilité entrainant lui-même un manque de reconnaissance sociale… On leur enlève toute possibilité de valorisation simple ! Oui car on est dans du ALL INCLUSIVE ! Ce qui est super quand on est en vacances mais ça l’est moins quand c’est imposé !

L’entrée en établissement de Ma Chère Mamie a clairement signé son acte de mort ! Mort physique et mort sociale ! La belle et généreuse Henriette chez elle, même si elle était en déclin, était active. Elle s’occupait de son jardin, qui avait été réduit à la mesure de ces capacités. Elle vivait avec son chien qu’elle aimait plus que tout, dans un village où tout le monde la connaissait et s’arrêtait lui dire bonjour. Elle était accompagnée pour sa toilette, ses repas et son ménage mais elle était participante ! Puis un jour l’hospitalisation… Elle ne reverra plus jamais ni sa maison ni son chien (en dehors de balade dominicale tant que c’était possible).

Le « All Inclusive » c’est la MORT SOCIALE

Elle s’est retrouvé dans un endroit, pourtant très bien, où l’on parle de « projet de vie » pour faire joli et où l’on installe inconsciemment la grande dépendance… Elle ne s’occupait plus de rien. Ni cuisiner, ni mettre la table, encore moins la débarrasser, on venait la chercher pour l’heure du repas et on la ramenait ensuite. Elle ne s’occupait ni de son ménage, ni de la bonne tenue de sa chambre et encore moins de son linge ! MAIS ON LUI PROPOSAIT DE L’ANIMATION !

Si on reprend la pyramide de Maslow, ses besoins physiologiques et de sécurité étaient comblés (les 2 premières strates de la pyramide donc). Par contre, avec l’animation, on essayait de répondre au besoin de s’accomplir (donc le 5ème sur la pyramide) avant de répondre à son besoin d’appartenance (le 3), et notamment d’avoir un statut, un rôle social, ainsi que (le 4) son besoin d’estime, celui de se sentir utile et d’avoir de la valeur !

Ma pauvre Mamie a attendu patiemment, malgré son entourage très présent, que la mort vienne la cueillir et cette garce a pris tout son temps… (RIP Mamie <3)

Je pense que ma Chère Mamie, en entrant dans cet établissement, a été dépouillée, sans que ce soit intentionnel ou prémédité, de ses rôles sociaux et qu’elle n’avait malheureusement plus le sentiment d’exister…

Traitons les besoins des gens dans le bon ordre !

Alors quand les soignants accompagnent à l’autonomie autant que possible (en tenant compte du manque de temps lié au manque évident de personnel) des besoins physiologiques et de sécurité, nous, Animateurs et Animatrices et toutes les parties prenantes de la vie sociale, soignons le besoin d’appartenance et d’estime avant celui de s’accomplir ! Je ne blâme ici personne car j’ai moi-même fait ces erreurs en tant que professionnelle. Par cet article, je partage ma réflexion espérant qu’elle fera son chemin et qu’elle déposera en vous quelques graines prêtes à germer. <3

Osons bousculer les mœurs

Il ne tient qu’à nous, professionnels, de faire évoluer nos projets d’établissements, nos projets de services, nos projets de vie sociale.

Il ne tient qu’à nous, familles, de nous inscrire dans la démarche participative représentée par les conseils de la vie sociale.

Il ne tient qu’à vous, Nos Chers Aînés de rester maître à bord, autant que possible, sur votre bateau.

A nous, à chacun de nous de changer de paradigme, redonnons un sentiment d’utilité à nos Aînés et avec cela un sens à leurs vies.

Avec tout mon cœur.

Yolaine.

7 Replies to “Ne Regardons Plus Les Déficiences de Nos Aînés, Tournons-Nous Vers Leurs Capacités !”

  1. Effectivement vous avez raison sur beaucoup de choses. Par rapport à vos exemples, certaines choses auraient peut être pu être évitées Mais ce n’est pas toujours la cas. Certaines fois les familles n’ont absolument plus le choix, si non on pourrait parler de non assistance à personne en danger. J’ai également vu une de mes tante qui n’a jamais été aussi heureuse que lorsqu’elle a été en EHPAD (ou maison de retraite si vous voulez). Elle est décédée HEUREUSE !!! On ne parle très souvent que des cotés négatifs de ce qui se passe autour de nous. Ne serait-il pas judicieux POUR TOUT LE MONDE de montrer également les cotés positifs ? D’ailleurs ceci est vrai pour la vie en générale… C’est peut être une idée de débat ?

  2. Bonjour Yolaine ,

    Ho que oui ces mots me parlent. Soulagé de savoir que d’autres personnes ont la même démarche. Comme tu le dis , on catalogue nos aînés, en leur mettant une étiquette « indépendance », mais de quel droit on juge qu’ils sont indépendants, ce mot me dérange beaucoup, il réduit les personnes âgées, alors qu’ils ont encore et beaucoup de capacités. Il suffit de les écouter et un peu de compréhension. J’ai dû quitter mon travail car je ne pouvais plus supporter cette maltraitance institutionnelle. Actuellement, je fais partie d’une association que nous avons créée, et travaillons afin de répondre au mieux et au plus prés, aux besoins de la personnes.

  3. Je suis tellement d’accord avec à piste proposée, comme un chemin de vie. Il nous appartient de guetter toutes les étincelles encore présentes dans ces vies qui ont tout donné ; à nous de souffler sur les braises pour en faire naître de la clarté, de la chaleur et de la beauté. Il faut tout faire pour que « l’estime de chacun, de chacune », soit sauvegardée.

  4. Je suis d’accord avec vous en laisse pas nos aînés tranquillement avec des GIR 1 2 3 voilà c’est devenu des chiffres et des Patos aujourd’hui le monde de la personne âgée et un monde financier on oublie que c’est des êtres humains à part entier qu’il faut accompagner tranquillement- jusqu’à la fin de leur jour nous avons contribuer un peu à tout cela je vais essayer moi-même en tant que asg j’ai déjà fait un gros efforts là-dessus j’espère pouvoir continuer que l’on me donnera les moyens de continuer

    1. Hélas oui Fatima… Vos mots résonnent fort… Quelle société malade qu’une société qui malmène ses Aînés…
      Qu’avez-vous changé dans votre pratique pour améliorer les choses ? Quels obstacles vous empêchent de faire les choses correctement ?

      Au plaisir de vous lire.

      Yolaine.

  5. Je partage entièrement vos e rits , je suis ASD et ASG et oui je suis épuisée car il n’y a pas une journée où nous nous retrouvons en sous effectif . Il es5 souvent plus facile de tél pour dire « je suis malade je ne viendrai pas «  plutôt que de venir et de prêter mains fortes aux collègues présentes qui elles aussi sont au bout du rouleau …

    1. Comme vos mots sont terribles… On comprend mieux le nombre de Burn Out… Loin d’être une maladie à la mode… Il est grand temps de réinventer nos pratiques relatives à nos Aînés ! Nous avons tout un monde à changer… Pourriez-vous m’écrire un mail concernant votre travail et vos difficultés ? J’ai aussi une chaîne YouTube sur laquelle j’aimerai traiter de nombreux sujets comme celui-ci… Voici mon mail si cela vous parle : yolaine.desbois@hotmail.com

      Au plaisir de vous lire Valérie.

      Yolaine.

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